Ces quelques songes...
Publié le 11/10/2006 à 12:00 par Chapelier Fou

Silence.
Voûte millénaire, écrin du temps.
Silence.
Eternelle gardienne du temps, la forêt s'avance.
Ses arbres tordus et malmenés semblent sortir de quelque sommeil immense, se secouent et frissonnent dans les rafales.
Silence rompu, immobilité factice.
Monstre rampant avec les peurs ancestrales, la forêt avance. Voyez les racines puissantes broyant le béton accomplissant en quelques secondes le travail de millénaires patients.
Voyez les nobles gardiens du passé marcher sous le soleil et la lune, fouler l'herbe flétrie de vos âges de fer.
Voyez, courez, fuyez la colère destrutrice que vous avez provoquée.
Rêverie de mort, où le sang se mêle à la sève féconde.
Magie sanctuaire des anciens, déniée et reniée par les adorateurs du Nazaréen.
C'est à nous de brûler vos livres et de tuer vos prêtres, de répandre sur nos ailes le poison de la déchéance, de nous parer de votre chute, de nous enorgueillir du deuil de votre Dieu.
Buvez, buvez jusqu'à la lie dans vos calices de pacotille, le sang de votre Messie et le vin de votre eucharistie.
Fuyez, fuyez, la forêt avance pour tuer, et ses enfants, ses serviteurs, riront de vous voir tous morts et enterrés.
La poussière d'or arrogante de siècles de puissance retournera à celle que vous avez foulée voici mille ans, lorsque l'orgueil immense n'assombrissait pas votre front.
Nous sommes les païens, les enfants de la nuit des temps, les fidèles servants des mystères de la forêt.
Nous fûmes, sommes et seront à jamais fidèles à cette parole donnée voici des milliers d'années. Nous sommes éternels et toujours vous pourchasser.
Nous sommes les corbeaux de la Morrigane, oiseaux de nuit venus vous tourmenter et accomplir la vengeance de la terre bafouée.
Kill men and kiss the tree
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Publié le 07/10/2006 à 12:00 par Chapelier Fou
N'oublie pas le rêve.
Mais si le rêve t'oubliais?
J'aimerais bien que vous me rendiez mon sourire
Que celui qui me l'a volé se dénonce.
Rendez-moa mon rêve, rendez-moa mon sourire!
...
Peut-on ne pas être d'accord avec la vérité?
La dissertation de français est nocive pour la santé mentale.
Publié le 07/10/2006 à 12:00 par Chapelier Fou

Parce que parfois ils suffit d'une chanson... Un pti rayon de soleil qui danse et tournoie, une flamme qui prend vie pour venir faire la sarabande sur mes paupières closes.
Suffit d'un air, de quelques paroles, et hop, la machine à sourire est lancée.
Ce que les autres m'ont prit et ne veulent pas me rendre, c'est la musique qui me l'offre, gentiement sans rien demander en retour que de venir cours-circuiter mes ptis neurones fatigués, apposant de confortables visions de soleil et d'horizons clairs dans ma p'tite tête alourdie par la tristesse et les espoirs déchus.
C'est musique, c'est soleil, c'est notes cristallines ou chants vagabonds. C'est errance, liberté, marche interminable des jours sans fin. C'est l'envie de tout laisser tomber, tout laisser derrière soi, comme ça un matin.
L'envie de prendre une paire de chaussures de marche, un bon chapeau, un grand manteau, quelques sous, du papier et un stylo.
Et partir, partir sans fin.
Etre l'errant, l'étranger, l'intru, l'étrange qui marche et marche sans fin, jusqu'à ce que ses jambes ne puissent plus le porter.
C'est l'envie de prendre la vie comme elle vient, sans devoir paraître, sans avoir d'autre obligation que de vivre.
Vivre, vivre sur les routes et ne jamais s'arrêter, marcher sur tous les chemins du monde et fouler toutes les terres du levant aux océans du couchant.
"Noublie jamais le vent des routes"
Tu m'avais racontée cette histoire voilà bien longtemps, et je ne l'ai jamais oubliée.
Le vent des routes t'emportera, le vent des routes te prendra dans ses bras et te mènera au-delà des horizons dont tu rêves. Le vent des routes ne t'oubliera pas lorsque viendra ton automne.
Publié le 01/10/2006 à 12:00 par Chapelier Fou
Je suis un funambule, perché sur son fil qui tangue et se balance sous mes pas mal assurés.
Les jours passent, et je marche.
Faut pas que je m'arrête, c'est la chute assurée.
Faut pas que je regarde en bas, sinon *protch* le Chapelier.
Alors je m'enferme, je m'envole, je m'évade.
Rêver jusqu'à l'ivresse, rêver sans fin pour oublier les noirs lendemain et les espoirs déchus, rêver jusqu'à s'oublier et quitter la réalité.
Pour une heure ou deux, ne plus être.. Partir, oublier le fil et le gouffre, oublier l'équilibre et s'envoler.
Ma solution est dans la fuite, je m'envole au plus haut pour me laisser retomber, dansant à cloche pied sur le fil instable de mon humeur.
Tout est noir, ou tout est blanc.. Le gris a déserté mon existence.
Je hais les montagnes russes -_________-"
Publié le 24/09/2006 à 12:00 par Chapelier Fou
L'Ombre regardait la lune, et l'Ombre rêvait...
L'Ombre voulait s'envoler, quitter ce bas monde et ses cris.
Et l'Ombre, l'Ombre rêveuse, se laissait évaporer par la lumière sélène...
Passait ses nuit entières à contempler la lune, sans dormir... Au matin on la voyait, pâle et faible au point de ne pas tirer une ombre au soleil, les yeux emplis de ce rêve infini.
On la voyait, sa substance toute effilochée par les rayons argentés, légère comme un souffle et riant sans fin d'une joie incompréhensible aux mortels.
Et puis, de fil en aiguille, de nuit sans lune en nuit de pleine lune, l'Ombre se laissa dévorer, évaporer, emporter sur la trame infime des rayons blafards.
Et de l'Ombre ne resta, dit-on, que le murmures et les songes d'une âme qui n'avait trouvé de réconfort que dans les charmes vénéneux de la lune solitaire...
Publié le 23/09/2006 à 12:00 par Chapelier Fou
Tombe la pluie, passent les jours
La luciole vacille et bientôt s'éteindra
Tombent les larmes, les jours ont passé
La luciole s'est éteinte sous la pierre glacée
Publié le 16/09/2006 à 12:00 par Chapelier Fou
Histoire de contrecarrer l'invasion progressive d'articles débiles sur mon blog, je me remet à rêvasser...
Il pleut. Il pleut, et je rêve. Je songe au rêve qui n'a jamais été aussi proche, je songe aux derniers lambeaux de l'été, soufflé par le vent du nord, dispersés par la pluie.
Il pleut. Les nuages essorés naviguent à travers le ciel, moutons mouvants guidés par les rafales. L'eau ruisselle, s'écoule, chante et bondit sur la terre assoiffée.
Il pleut. Le ciel se mire dans les flaques, et le sol détrempé devient reflet des cieux ennuagés. Et les gouttes, innombrables et éphémères, parsèment par millions les branchages et les feuillages.
Il pleut. Le vent souffle, fait chanter le ciel et la terre, transforme chaque larme de nuage en perle scintillante. Gris, bleu, vert, les couleurs se mêlent aux flammes de l'automne.
Voici l'hiver, la pluie, le rêve.
L'envers du miroir devient réalité....
Publié le 12/09/2006 à 12:00 par Chapelier Fou
Petite Souris se balançait, de gauche à droite sur son fil.
Petite Souris dansait, de droite à gauche, de gauche à droite, poussée par la pluie, portée par le vent.
Petite danseuse irréelle au-dessus des toits gris, frémissante sous le souffle du Nord et luisante sous les larmes du ciel.
Et sous les nuages, et loin des Hommes, Petite Souris dansait, oscillait sur son fil de rêve et d'araignée, tissant la soie dont les vertiges sont faits.
Publié le 10/09/2006 à 12:00 par Chapelier Fou

Le vieux sage racontait, perché au bas bout de la lande.
Le vieux sage était toujours là.
La nuit, sa lanterne se balançait dans les ténèbres; l'été, sous l'ardent soleil de midi, sa voix se mêlait à celle des grillons; l'hiver, le vent faisait scintiller le givre qui le recouvrait.
Et le vieux de la lande veillait, veillait sans cesse; sur sa terre, sur son peuple, sur les échevaux fragiles de leur magie, sur les pierres immobiles et le silence des poissons.
Les années passèrent, le souvenir passa; un étrange vent se leva, poussant de grands bateaux sur les mers. De mauvaises gens pour un mauvais vent, disait le vieux fou sur son rocher.
Mais qui l'écouta? Les anciens avaient fui l'hiver précédent, ne restait plus que lui.
Et les mauvaises gens poussés par le mauvais vent vinrent en plus grand nombre encore; la magie fragile qui régnait là depuis mille ans décrocha ses toiles et ses fuseaux, s'exila dans les montagnes pour tisser à nouveau de paisibles histoires aux creux des torrents.
Et les villages, un à un, se mirent à révérer les idoles de méatal glacé, les statues de bois morts et de terre brûlée.
On ôta les couronnes de fleurs, qui, une fois l'an, coiffaient les jeunes filles pour la parade du printemps. On remplaça les chants au coin du feu par d'interminables prières, les danses effrénées par de lentes processions.
Et le vieux sage restait planté là, sur son rocher dénudé. Quelques offrandes désséchées s'envolaient prés de lui, emportés par ce mauvais vent qui soufflait depuis déjà trop longtemps, poussant par-delà les mers toujours plus de mauvaises gens.
Alors le vieux sage, son rocher sous le bras, partit par-delà les mers, trouver une falaise où poser son rocher.
Publié le 01/09/2006 à 12:00 par Chapelier Fou
Parfois, certains lieux recèlent d'étrange souvenirs...
Comme une image imprimée dans l'air, la terre et ce qui s'y trouve.
Parfois, certains lieux ont une histoire.
Comme s'ils voulaient à tout prix se souvenir.
Parfois, certains lieux ont une mémoire.
Ils se souviennent de ce qui s'y est déroulé
Parfois...
Certains lieux tuent.
Et la vapeur du sang versé se coagule
Et forme un corps
Est-cela, un fantôme?
Une once de mémoire
Une once de sang
Un peu de colère
Un brin de souffrance
Et voici l'impalpable souvenir prêt à nous hanter...